Ouuii je sais, ça fais longtemps que je n'ai pas mis mon blog à jour, je vous emmène donc en balade des contreforts de l'Atlas aux vagues d'Essaouira si vous êtes partant...
Yallah!
Nous sommes le jeudi 14 février, 23h:
Des obligations professionnelles devant me conduire à Casa le lendemain, je me dis que l'occasion est belle et que je pourrais passer le Week-end à Casa ou peut être même faire tirer un peu pour virer dans le Maroc... Je charge donc mon sac de quelques affaires en prévision mais sans grande conviction.
Vendredi 15, 5h15:
Je récupère Ihssan, le collègue du boulot et nous voilà parti pour une réunion à Casa à 9h!
13h: réunion et repas terminés, les marocains vont à la prière du vendredi.
Je me retrouve seul et là je me décide, je resterai pas à Casa, j'en ai assez des villes, de la pollution et des voitures, je vais dans le sud!
Objectif: les neiges de l'Atlas ou le parc éolien d'Essaouira... ou pourquoi pas les deux! On verra bien inch Allah!
Guide du Routard et Carte Michelin en poche, autoroute droit vers le Sud, mon périple commence par la traversée des grandes plaines maraîchères qui séparent Casablanca de Marrakech.
16h:
Marrakech, la ville rouge m'accueille et s'enflamme dans le soleil déclinant... Sympathique comme accueil!
Premier souci: Où vais-je bien pouvoir dormir dans cette ville inconnue?
Après avoir viré un peu sur les larges avenues je me trouve un petit hôtel (vraiment) pas cher! et (vraiment) pas propre... mdrr
Je saute dans un taxi (c'est mieux pour se déplacer dans une ville inconnue plutôt que de tourner pendant des heures...) et direction la Koutoubia et son célèbre minaret haut de 60m, chef d'oeuvre architectural du XII siècle!
Le soleil baisse encore un peu et je me dirige vers le centre névralgique de la médina: la place Jemaa el Fna!
Le minaret de la Koutoubia
Pas difficile de la trouver: à partir de 19h, c'est comme si quelqu'un avait placé un gros aimant au centre de la place et voilà des milliers de personnes qui débarquent de toutes parts pour se retrouver là!
Et rivalisent alors les conteurs, les charmeurs de serpent, les diseuses de bonne aventure, les musiciens autour desquels se regroupent une foule hétéroclite.
Je laisse l'agitation de la place pour aller flâner (et me perdre bien sûr...) dans les ruelles sombres de la médina, loin des souks et des touristes!
Un peu plus tard, me revoilà sur la grande place, après un thé sur la terrasse d'un des cafés la surplombant, je m'assois au comptoir de ce marchand ambulant afin de déguster quelques uns des escargots qu'il propose aux passants.
Les gargotes fumantes de la place Jemaa el Fna
L'appétit ouvert, il faut choisir une des gargotes en plein air en plein centre de la place. Toutes les mêmes, le choix est déterminé surtout à l'efficacité du rabatteur...
Un jus d'orange ou quelques fruits secs?
... et oui... Marrakech reste touristique...
Samedi, 8h30:
Le soleil brille sur les montagnes toutes proches et je n'en peux plus de résister!
Tant pis pour Marrakech et ces mille secrets que je découvrirai une autre fois, l'appel de la neige est le plus fort.
Je pars droit vers le Sud, direction L'Oukaimden, la plus grande station de ski du Maroc. Les 75 km de la route qui y mène sont tout simplement splendides: Vallées profondes et verdoyantes entre les montagnes de pierres ocres aux sommets d'un blanc éclatant.
Sur la route grimpant à l'Oukeimden
La route s'élève et soudain me voilà sur le plateau à 2600m d'altitude où ont été installés 4 ou 5 petits téléskis et surtout 1 télésiège qui permet de s'élever jusqu'à 3270m!
Le télésiège permet de monter jusqu'au sommet de ce massif offrant des perspectives alléchantes en gardant à l'esprit que l'on est en Afrique!
Plein d'espoir devant ce potentiel je me dirige vers les "Surf Shop" du pied des pistes (!!!), le matériel est étalé devant moi et je ne peux m'empêcher de sourire à la vue des antiquités que les marchands me proposent comme des bijoux.
Du matériel de pro... les connaisseurs apprécieront!
Je m'approche du fameux bureau des moniteurs, facilement identifiable (loooool)...
("En mesure de sécurité adressez vous au bureau de l'association pour avoir un moniteur agrée")
Malheureusement, j'apprends de leur bouche que le télésiège est un peu en panne, je ne skierai donc pas aujourd'hui mais je veux quand même monter là-haut!
Un peu d'alpinisme (et oui je suis quand même à 3000m d'altitude) ne me fera pas de mal et me permettra surtout d'apprécier des points de vue magnifiques sur l'Atlas
Au bout d'une bonne heure de marche sur la crête qui s'élève, j'apprécie la vue qui s'offre à moi! Je suis à 3000m d'altitude...
On peut voir la station de l'Oukeimden et au fond, on pourrait presque deviner la plaine de Marrakech dans la brume.
Les chalets d'alpage
13h:
De retour à la "Station" (mdr!), je reprends la route sans trop savoir où je vais aller maintenant.
Deux choix s'offrent à moi: Redescendre jusqu'à Marrakech pour me rendre à Agadir d'ici la fin de journée, où traverser l'Atlas et prendre un peu plus au Sud, pour voir mais sans savoir vraiment où je vais attérir!
Soudain le guide du routard vient de faire pencher la balance: une piste pour les 4x4 coupe la montagne pour rejoindre "directement" le village d'Asni à partir de L'Oukeimden.
Je demande au petit garçon de café à l'embranchement de cette piste si ça passe avec ma 307 "Pas di proubleme Sidi"!
Alors yallah, c'est parti pour une quinzaine de km d'une piste à couper le souffle avec pour une bonne partie vue sur le Djbel Toubkal, grand seigneur de l'Atlas du haut de ses 4167m!!
Djbel Toubkal
hé oui m'sié ce soir ti dor dans LIGIT!!! mdr
15h:
Soudain me voilà encerclé d'ânes bâtés: c'est jour de souk à Asni, les paysans sont descendus des montagnes, ont garés là leurs monture pour venir troquer.
Je gare également ma monture, et comme toujours quelques "guides - vendeurs de bijoux - arnaqueurs" m'attendent à la portière... Je repousse le premier, le second est plus sympathique, j'abandonne, tant pis qu'il m'accompagne!
On peut voir le matériel étalé sur la petite table au premier plan et les barbiers en action dans le fond. J'ai refusé la proposition de l'un d'entre eux qui souhaiter me faire la barbe... vous comprendrez pourquoi!
Après un petit tour dans le souk, il m'emmène prendre un thé dans un café des plus typiques...
Comme prévu il me sortira sa marchandise de bijoux berbères divers! J'achète deux conneries pour le remercier et je reprends la route car l'heure tourne et il me reste 130km de route sinueuse à faire pour rejoindre Taroudannt où j'espère passer la nuit.
Je continue ma traversée de l'Atlas en direction du Sud par la route du Tizi-n-Test (2100m) que le guide du routard décrit comme l'"une des plus belles et une des plus impressionnantes routes de montagnes du Maroc".
Malheureusement, le temps se gâte au fur et à mesure que je grimpe les lacets du col et c'est maintenant le brouillard qui m'enserre... dommage!
Belle vue??? où ça?
La descente vers la région du Sous devient vraiment impressionnante car les à-pics sont vertigineux.
Soudain, c'est la plaine, et les longues lignes droites sans fin succèdent aux lacets et aux pentes abruptes. Ce sont maintenant les fameux arganiers qui accompagnent mon périple.
L'arganier
Arbre endémique au Sud-ouest du Maroc, il recouvre des milliers d'hectares entre Tafraoute, Agadir et Essaouira. Son fruit, la noix d'argan, est utilisé pour en extraire la fameuse huile d'argan consommée ensuite à des fins alimentaires ou bien transformée en produits cosmétiques aux vertus reconnues.
19h:
Me voilà donc à Taroudannt, ville de 70000 habitants protégée par de magnifiques remparts ocres et que je découvre sous la pluie, un comble. Un garçon de café avec qui je discuterai plus tard me dira que cela faisait 2 ans qu'ils attendaient une vraie pluie comme celle-là!
Dimanche, 9h:
Les fameux remparts de Taroudant!
Je reprends la route afin de rejoindre l'océan Atlantique et la station balnéaire d'Agadir.
J'ai le regret de découvrir que la ville la plus touristique du Maroc, que tant d'européen viennent découvrir n'est en fait qu'une plage de sable fin (magnifique je dois dire) de 6km où le soleil brille 300 jours par an mais qui n'a plus rien à voir avec le Maroc que je connais.
34° un 17 février, je comprends alors la présence de tous ces visages européens qui m'entourent et qui ne me dévisagent pas comme un étranger.... Sensation inédite et quelque peu paradoxale!
Hôtels de luxe rivalisent avec les bars branchés ou autres discothèques dans cette ville qui ne possède plus d'âme depuis qu'un tremblement de terre malheureux l'a totalement détruite en 1960 emportant avec lui quelques 15000 vies.
Agadir, sa marina et sa plage vues depuis les remparts de l'ancienne Kasbah!
Une balade entre croisette et marina, et une friture de poisson et quelques gambas grillés plus loin (dans les gargotes du port où je me suis fais arnaquer comme un irlandais! lol!) j'entame ma remontée vers le Nord.
Il est trop tard pour envisager de remonter jusqu'à Tanger, je pose un jour de congé improvisé pour le lendemain... Ma prochaine étape sera donc Essaouira!
La route qui relie Agadir à Essaouira est un paradis pour les surfeurs: longeant des plages qui n'en finissent pas et les rouleaux qui vont avec... Terrible!
Un peu plus loin, dans les terres, paysage semis désertique agréablement vallonné et boisé d'arganiers...
17h: Parc éolien d'Essaouira.
Un des objectifs de mon circuit était de visiter le parc éolien d'Essaouira mis en service par Gamesa en 2006 et sur lequel la plupart des gens qui travaillent avec moi à Tanger ont bossé.
Plus tard je rejoins la ville d'Essaouira
Ayant pris un peu d'assurance vis à vis des disponibilité des hôtels, je commence par visiterla ville afin de profiter des lueurs du jour décroissant.
Malgré cela, la ville est très préservée et reste vraiment authentique sans être ravagée par le tourisme.
Dans un bazar dns lequel je me suis acheté un Derbouka, sorte de djumbé avec un corps en terre cuite et une peau de chèvre, j'ai sympathisé aves le Souiri qui m'a vendu l'instrument. Après avoir discuté quelques instants, on a convenu d'aller manger un tajine ensemble.
Mais avant de penser à manger, il était temps de penser à trouver un logis. L'hôtel où j'avais prévu de dormir étant complet, le patron m'a dit qu'il avait un ami qui louait 2 chambres dans maison pas cher pas cher.
En effet c'était pas cher, 80 Dh la nuit avec en prime l'impression d'être un vrai Souiri. Vendu!
20h:
Une fois retrouvé l'ami rencontré au bazar, on est allé au souk acheter tous les ingrédients pour faire un bon tajine: tomates, patates, oignons, carottes, l'huile d'olive, les épices et la viande.
Tu vas en "cuisine", tu donnes tes ingrédients et on te prépare le tajine! Ya plus qu'à s'assoir devant la télé (en arabe bien sûr, je vous laisse imaginer que j'étais le seul européen...), commander un thé et attendre que ça cuise.
Bon le tajine, ça cuit pas en 5 minutes, donc t'as le temps de bien refaire le monde, discuter des différences culturelles, de l'islamisme ou des filles... Super intéressant comme échange.
1h30 après, il est là, tout fumant et délicieux!
Bon c'est clair qu'il n'y a pas de couverts, tu manges avec tes doigts (et ceux du collègue...lol) direct dans le tajine.
Au final tu sors de là, t'as mangé à deux (comme 4) pour environ 30 Dhirams d'achats et 30 Dhirams pour le garçon de café qui te prépare le thé et le tajine... Pas cher mon frère!
Après ça, il commence à être tard, on fait un petit tour de la ville où je comprends un peu mieux grâce à mon pote d'un soir comment sont organisés les quartiers: une fontaine, le hammam, l'école coranique, la mosquée et un 5ème élément ont je ne me souviens pas sont les piliers de chaque quartier.
Après l'avoir salué et remercié pour m'avoir fait partager un peu de son quotidien, je vais faire un tour sur les remparts et sur le port avant de me coucher.
Lundi, 9h:
Au réveil, je profite de la terrasse du riad où j'ai dormi pour photographier les toîts de la médina.
Félix le chat attend sa part des restes de viande que l'ami boucher voudra bien lui laisser
Sur la squala, les canons attendent toujours les ennemis
Le port d'Essaouira
Les chantiers navals, à l'ancienne
Un peu tôt pour profiter de goûter le bon poisson d'Essaouira, malheureusement et à regret je reprends ma route vers le Nord, mais pas question de prendre le chemin le plus court je prends la route côtière.
Sur la très belle route qui relie Essaouira à Safi, la brume océanique est telle que l'on ne distingue plus la limite entre l'océan et le ciel, les prés sont immenses et d'un vert des plus vifs, les vagues viennent s'écraser à la base des hautes falaises maritimes, on est loin du cliché du Maroc où l'on ne trouve que sable et dromadaires...
13h: Safi
Safi est une ville d'un peu plus de 300 000 habitants essentiellement connue (mis à part ses usines de phosphore) pour ses ateliers de poteries marocaines.
C'est ici que sont fabriquées une bonne partie des poteries du royaume que l'on peut trouver chez tous les bazaristes que ce soit à Tanger ou à Agadir.
Comment passer à Safi et ne pas s'arrêter pour visiter les artisans et faire quelques achats en discount sorti d'usine! lol
15h: Oualidia
L'appel de l'estomac s'étant fait sentir depuis quelques kilomètres, je choisis Oualidia pour faire ma pause déjeuner.
Par hasard me direz-vous?
Non, t'es pas fou, Oualidia est célèbre pour les huitres qui sont produites dans sa lagune alors comment ne pas m'arrêter?
Je connaissais d'ores et déjà le restaurant l'Ostréa pour y avoir mangé des huitres à Casa. Mais là je me suis retrouvé dans son petit frère l'Ostréa2, complètement seul à me faire servir les huitres directement sorties de l'eau.
Fini ce bon repas, il a quand même fallu parcourir les dernieres centaines de kilomètres jusqu'à Tanger... mais j'avais la tête pleine d'images sympathiques!
22h: Arrivée à Tanger... un peu fatigué quand même!
Un super Week-end sur tous les plans; heureux de l'avoir fait seul car cela permet de rencontrer un nombre incroyable de gens avec lesquels il est facile de discuter. Mais je n'ai maintenant qu'une envie, c'est de partager cela avec ceux qui viendront me voir!

